Automobiliste contribuable : l’éternelle vache à lait de la France moderne
On le sait depuis longtemps, mais chaque année apporte une couche supplémentaire. Être automobiliste contribuable en France, c’est comme rentrer volontairement dans une salle de gym où tous les appareils ont été remplacés par des impôts. Tu transpires, tu payes, tu roules, tu payes encore, et au final tu as juste le droit de continuer à utiliser un bien que tu possèdes déjà. C’est presque poétique, si on aime la poésie fiscale.
Entre les taxes sur le carburant, les péages qui montent plus vite que le niveau de la mer, les zones à faibles émissions qui se multiplient comme des ronds-points, les malus écologiques toujours plus inventifs, et maintenant les villes qui réfléchissent à faire payer le stationnement selon la taille du véhicule, l’automobiliste contribuable est devenu la cible parfaite. Pas besoin d’être un génie du budget public pour comprendre pourquoi, c’est une manne facile, visible, et surtout docile. L’impôt routier, c’est le seul où les gens râlent mais payent quand même.
Ce qui est fascinant, c’est la façon dont chaque nouveauté est présentée. On nous dit que c’est pour nous, pour la planète, pour la sécurité, pour les enfants, pour l’air, pour le climat. Tout y passe. À ce rythme, on pourrait presque imaginer un futur décret qui transformerait les excès de vitesse en dons humanitaires. Pourquoi pas. Après tout, chaque fois que l’État a besoin d’un peu d’oxygène, il se tourne vers l’automobiliste contribuable comme on ouvre le frigo pour trouver un yaourt, c’est pratique et toujours là.
Le plus ironique, c’est que dans ce brouillard de taxes, l’automobiliste devient presque le dernier bon élève du pays. Celui qui paye tout, tout le temps, sans jamais se défiler. Il paye pour rouler, pour se garer, pour traverser un pont, pour avoir une vignette, pour passer son contrôle technique, et parfois même pour éviter des zones où il n’a jamais mis les roues. À se demander si le but n’est pas de le décourager complètement de sortir de chez lui.
Mais alors, jusqu’où peut-on aller. Est-ce qu’on atteindra un jour le niveau où mettre le contact déclenchera automatiquement un prélèvement bancaire. Est-ce qu’on finira par payer un abonnement mensuel pour avoir le droit d’utiliser la voie publique. À ce train-là, rien n’est impossible. Et l’automobiliste contribuable, cette éternelle vache à lait, continuera sans doute à avancer calmement, même si la traite devient franchement lourde.
Nota Bene :
On dit souvent que la route appartient à tout le monde, mais on oublie toujours de préciser qui la finance vraiment. Un jour peut-être, quelqu’un aura le courage d’aligner les chiffres et de l’écrire noir sur blanc. En attendant, on continue à rouler et à payer, comme si c’était la norme.
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