Quand l’IA devient objet : le néant designé par Jony Ive
L’information a circulé discrètement, comme un parfum d’encens numérique : Jony Ive, le gourou du design Apple, travaille avec Sam Altman, patron d’OpenAI, sur un objet physique lié à l’IA. Rien que ça. Pas un smartphone, pas une enceinte, non : un… quelque chose. Un objet. Un concept. Un souffle. Un artefact mystique censé incarner l’intelligence artificielle sans nous noyer sous les pixels.
On imagine déjà le communiqué : “L’IA a enfin trouvé un corps.” Traduction : une pierre blanche, avec un micro. Et un prix à trois chiffres.
Derrière cette idée se cache une volonté : donner une présence à l’intelligence artificielle. Comme si parler à un nuage ne suffisait plus. Il faut un totem high-tech, une espèce de galet connecté, à poser sur une étagère entre une plante en plastique et une photo de Bali. Le tout designé avec l’âme — forcément — par celui qui a donné au monde le bouton sans bouton et les coins parfaitement arrondis.
Mais pourquoi pas, après tout ? Certains vendent bien des NFT de vent. Alors un vide bien dessiné, pourquoi pas.
Ce qui fascine dans ce projet, c’est l’esthétique du néant. On nous promet une IA minimaliste, fluide, intuitive. Mais au final, c’est surtout une machine à capturer notre attention — dans un objet qui ne dit pas son nom, mais qui nous regarde. Fini les assistants vocaux criards : place à l’élégance muette du capitalisme sensoriel.
À quand les chiffons microfibres “compatibles Jony Ive” pour nettoyer l’aura de l’objet ? 25 euros pièce. Ou mieux : un abonnement.
On est en train de faire d’un outil algorithmique un compagnon de salon, une sorte de boule magique 2.0. On chuchotera ses secrets à une IA posée sur une étagère, pendant qu’elle renverra nos données vers la Silicon Valley — mais avec goût, s’il vous plaît.
Faut-il donner un corps à une IA ? Ou juste une facture ?
Nota Bene :
Certains vendent des idées, d’autres vendent du silence. Quand les deux se rencontrent, ça donne un galet connecté à 300 € qui vous regarde sans vous juger. Pour l’instant.
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