France bloquée : la colère citoyenne peut-elle encore changer la donne ?
La France se réveille ce matin sous la menace de blocages annoncés : autoroutes, ronds-points, stations-service… Depuis hier soir, les appels à la mobilisation fleurissent sur les réseaux sociaux, orchestrés par un collectif citoyen en dehors des syndicats traditionnels. Certains parlent de “colère du peuple”, d’autres de baroud d’honneur face à un pouvoir qui ne bouge pas d’un iota. Mais au fond, cette France bloquée peut-elle encore espérer changer quoi que ce soit ?
Ce mouvement intervient au lendemain d’un nouveau feuilleton politique. Exit Bayrou, bonjour Lecornu, un proche parmi les proches de Macron propulsé Premier ministre comme on changerait la roue de secours sur une voiture déjà en panne. L’opposition, la rue, les citoyens : tout le monde a compris que rien ne changera vraiment. Macron ne cherche plus à convaincre, il cherche juste à gagner du temps, comme s’il espérait que la tempête passe d’elle-même… ou que les Français se fatiguent à force de tourner en rond.
Côté blocage, on sent bien la lassitude dans l’air. Les grandes mobilisations d’hier – gilets jaunes, retraites, carburant – semblent loin. Cette fois, le mot d’ordre vient d’un “collectif citoyen” sans étiquette, une tentative d’arracher le volant à des politiques qui, manifestement, ne savent plus où ils vont. Mais qui suivra ? Quelques barrages ici, une station-service prise d’assaut là, et puis ? Comme un klaxon dans un monastère, la colère fait du bruit, mais qui l’entend encore au sommet ?
On pourrait croire que la nomination d’un nouveau Premier ministre pourrait changer la donne. Mais c’est toujours la même partition, rejouée à l’infini. Aucune majorité, aucun projet fédérateur, juste un casting qui tourne en rond et un pays qui patiente en espérant des jours meilleurs. En attendant, Macron repousse l’échéance comme un joueur de poker en déficit : tout pour éviter la honte de devoir jeter l’éponge.
Au fond, la vraie question, c’est : que reste-t-il à changer quand plus personne ne croit à la possibilité du changement ? Peut-être que la France a simplement besoin d’une pause, d’un virage imprévu, d’une surprise – autre chose qu’un “nouveau” gouvernement qui ressemble furieusement à l’ancien. Car à force de gagner du temps, on finit toujours par perdre la course.
Nota Bene:
La France bloquée, c’est aussi une France qui doute. Tant que la politique restera figée, les appels à la colère risquent de résonner dans le vide. Changer la donne ? Il faudrait déjà oser changer de méthode…
À lire aussi : Le billet d’humeur d’hier