Ferrari 512 BB, Ferrari des années 70 à moteur central, voiture de collection

Ferrari 512 BB : Le grand retour du moteur central chez Ferrari

Il y a des modèles charnières dans l’histoire d’un constructeur, y compris chez Ferrari. Des voitures qui marquent un tournant sans forcément faire l’unanimité. La Ferrari 512 BB en fait partie. Apparue au milieu des années 70, cette GT radicale est née à contre-courant, bousculant les codes établis par la très classique Daytona qu’elle remplaçait.
Avec son moteur central arrière, son allure trapue et ses douze cylindres à plat, la 512 BB a surpris. Et elle continue de fasciner ceux qui aiment les Ferrari brutes, sans filtre, nées à l’époque où Enzo était encore aux commandes.

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Ferrari 512 BB vue de dessus

Une transition post-Daytona audacieuse

Lorsque Ferrari lance la 512 BB en 1976, c’est tout sauf une évolution en douceur. Jusqu’alors, les GT de Maranello étaient à moteur avant, propices aux longues distances, au confort, à la classe un peu distante. Mais face à la concurrence italienne, la Lamborghini Miura, puis la Countach, la Daytona commence à sentir le formol. Il fallait du sang neuf.

La solution ? Revenir à l’architecture moteur central arrière, déjà éprouvée en compétition. Mais l’adapter à une voiture de route, destinée à une clientèle fortunée, n’était pas sans risque. Ferrari l’a fait, en osant la BB : Berlinetta Boxer, une GT prête à boxer avec les codes maison.

Pour les curieux de mécanique, jetez un œil à la fiche technique de la Ferari 512 BB

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Un 12 cylindres à plat pour dompter l’axe arrière

Sous le capot, ou plutôt sous la lunette arrière, se trouve le cœur de la bête, un moteur 12 cylindres à plat de 5 litres. Une architecture spectaculaire, dérivée des prototypes de course comme la 312 P. Le moteur est monté longitudinalement, accouplé à une boîte 5 vitesses, et développe 360 chevaux.

La BB n’est pas qu’un monstre de puissance : elle offre aussi un équilibre dynamique inédit chez Ferrari, grâce à sa répartition des masses recentrée. Le moteur à plat permet d’abaisser le centre de gravité, améliorant stabilité et tenue de route… à condition de savoir la dompter.

🛠️ C’est d’ailleurs ce bloc à plat qui servira de base au futur moteur de la Testarossa, profondément retravaillé mais fidèle à cette architecture singulière.
La 512 BB, par son moteur comme par son concept, a donc ouvert la voie à toute une lignée de Ferrari à moteur central arrière. Elle est la matrice d’une génération.

Ferrari 512 BB moteur

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Ferrari 512 BB noire

Ferrari 512 BB. Un comportement plus sauvage que GT

La 512 BB n’est pas une voiture facile. Son embrayage est dur, sa boîte demande de la poigne, et le freinage, sans assistance, impose de s’engager. Elle ne se pilote pas, elle se manie comme un taureau en furie.

Mais c’est justement ce qui fait son charme. Conduire une 512 BB, c’est comme dompter un pur-sang dans un couloir trop étroit : exigeant, nerveux, imprévisible.

Sur autoroute allemande, elle peut dépasser les 280 km/h, mais ce n’est pas là qu’elle s’exprime le mieux. C’est sur les petites routes, à la limite de la glisse, qu’on découvre toute sa brutalité.

Une voiture émotionnelle, parfois ingrate, mais toujours vivante. Exactement ce qu’on attend d’une Ferrari des années 70.

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Ferrari 512 BB intérieur

La BB 512i : injection, confort et fin de carrière

En 1981, Ferrari fait évoluer son modèle avec la 512 BBi. Le “i” pour injection, car les carburateurs sont remplacés par une injection Bosch K-Jetronic, plus fiable et moins capricieuse. La puissance reste à 340 chevaux, mais le couple devient plus exploitable.

Esthétiquement, peu de changements : quelques retouches, un peu plus de confort, et des finitions légèrement améliorées. Mais l’essentiel est là, la BB devient enfin vivable au quotidien, ou presque. Elle continue sa carrière jusqu’en 1984, où elle cède la place à la toute nouvelle Testarossa, plus puissante, plus large, plus show-off.


Aujourd’hui, la Ferrari 512 BB est devenue une véritable voiture de collection, longtemps sous-estimée face aux Ferrari plus médiatiques. Dans un marché en quête d’authenticité, elle séduit par son caractère brut et son architecture à moteur central, typique des Ferrari des années 70.

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Boxer ou pas Boxer ? La controverse du moteur plat

Et maintenant, parlons d’un débat qui agite les puristes : le moteur de la 512 BB est-il vraiment un Boxer ? Sur le papier, Ferrari appelle la voiture “Berlinetta Boxer”. Mais dans les faits, le moteur n’est pas un vrai boxer.

Un vrai moteur boxer, comme sur une Porsche 911, implique que les pistons opposés montent et descendent en opposition parfaite, sur des manetons de vilebrequin séparés. Or ici, les pistons opposés partagent le même maneton, comme un V12 dont les bancs seraient à 180°.
C’est donc un 12 cylindres à plat, mais pas un boxer au sens mécanique strict.

Pourquoi ce nom alors ? Parce que ça sonnait bien. Parce qu’à l’époque, l’appellation “Boxer” évoquait la course, la sportivité, la technologie de pointe. Ferrari a choisi l’image, pas la rigueur. Et au fond, qui leur en voudrait ?

Ferrari 512 BB des années 70, Ferrari à moteur central devenue voiture de collection

Conclusion

La Ferrari 512 BB reste une énigme fascinante. Ni la plus performante, ni la plus confortable, ni même la plus aimée de toutes les Ferrari, elle est pourtant l’une des plus authentiques.
Elle incarne le virage technique de Maranello, le courage d’oser le moteur central pour la route, et cette volonté d’imposer une vision radicale du grand tourisme.
Aujourd’hui, elle séduit les collectionneurs avertis, ceux qui aiment les machines indomptables, les lignes franches, les mécaniques exigeantes.
La BB, c’est la Ferrari pour ceux qui aiment transpirer un peu avant de tomber amoureux.

Nota Bene

Le moteur de la 512 BB n’est pas un boxer ? Et alors. C’est une Ferrari des années 70 : elle n’a pas besoin d’avoir raison pour vous faire chavirer. Elle rugit, elle brûle, elle gronde. Et elle reste inoubliable, comme une gifle en cuir rouge.

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