Rue abondamment illuminée la nuit, illustration de l'éclairage des villes et de la pollution lumineuse.
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Pourquoi l’éclairage des villes reste-t-il si important quand tout le monde dort ?

Il suffit de regarder une ville depuis un point élevé au milieu de la nuit pour constater une chose étonnante : alors qu’une grande partie de ses habitants dort, elle continue de briller. Rues, places, parkings, monuments, enseignes et parfois bureaux restent éclairés pendant des heures. Bien sûr, personne ne propose sérieusement de plonger toutes les villes dans l’obscurité. Mais entre tout éteindre et éclairer presque comme si la journée continuait, il existe probablement une marge assez importante.

Pendant longtemps, l’éclairage public a symbolisé le progrès. Une rue éclairée était plus accueillante, facilitait les déplacements et contribuait au sentiment de sécurité. Ces fonctions restent parfaitement légitimes. Mais faut-il pour autant maintenir partout le même niveau d’éclairage à 3 heures du matin qu’à 21 heures ?

C’est toute la question de l’éclairage des villes. Les besoins ne sont pas identiques selon les lieux et les horaires. Une gare encore fréquentée, un carrefour important ou une rue animée n’ont évidemment rien à voir avec un parking désert, une zone commerciale fermée ou une petite rue où plus personne ne passe depuis plusieurs heures.

Les technologies modernes permettent justement de sortir du choix simpliste entre allumé et éteint. Les LED consomment beaucoup moins que les anciennes lampes et peuvent facilement être réglées en intensité. Des détecteurs permettent également d’augmenter temporairement l’éclairage lorsqu’un piéton, un cycliste ou une voiture approche, puis de le réduire lorsque la rue redevient vide.

Mais la consommation d’électricité n’est qu’une partie du problème. La lumière artificielle nocturne modifie également l’environnement. De nombreuses espèces vivent en fonction de l’alternance naturelle entre le jour et la nuit. Insectes attirés par les lampadaires, oiseaux perturbés dans leurs déplacements ou chauves-souris évitant certaines zones : éclairer la nuit n’est pas totalement neutre pour la biodiversité.

Et puis il suffit parfois de lever les yeux. Dans de nombreuses zones urbaines, le ciel nocturne est devenu tellement lumineux que les étoiles les moins brillantes ont pratiquement disparu. Pour observer un véritable ciel étoilé, il faut souvent s’éloigner de plusieurs dizaines de kilomètres des grandes agglomérations. Nous avons gagné énormément en confort grâce à l’éclairage artificiel, mais nous avons aussi progressivement oublié à quoi ressemble réellement la nuit.

Certaines communes réduisent déjà l’intensité de leur éclairage ou l’interrompent pendant une partie de la nuit. Ces choix suscitent parfois des inquiétudes légitimes, notamment concernant la sécurité et les déplacements. Ils doivent donc être adaptés aux caractéristiques de chaque territoire plutôt qu’appliqués uniformément. Une rue très fréquentée au cœur d’une métropole ne peut pas être gérée exactement comme celle d’un village de quelques centaines d’habitants.

L’objectif ne devrait probablement pas être d’éteindre pour éteindre. Il serait plutôt d’éclairer là où c’est nécessaire, au moment où c’est nécessaire et avec l’intensité réellement nécessaire. Une approche finalement assez banale pour presque toutes nos consommations d’énergie, mais que nous n’avons pas toujours appliquée à la lumière.

Car lorsqu’une rue est vide depuis trois heures, qu’un parking n’accueille plus personne et qu’un bâtiment est fermé jusqu’au lendemain matin, une question toute simple finit par se poser : pour qui laisse-t-on encore la lumière allumée ?

Nota Bene :

Nous avons passé des siècles à chercher comment éclairer la nuit. Maintenant que nous savons parfaitement le faire, il serait peut-être temps d’apprendre aussi à préserver un peu d’obscurité.

À lire aussi : Pourquoi les services clients font-ils tout pour éviter qu’on parle à un humain ?

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