Les voitures de Jean-Paul Belmondo, cinq ans après sa disparition
Le 6 septembre 2026 marquera le cinquième anniversaire de la disparition de Jean-Paul Belmondo. Cinq ans après sa mort, Bébel reste associé à une certaine idée du cinéma français, faite de liberté, de cascades et de scènes d’action qu’il aimait souvent réaliser lui-même. Dans cet univers, l’automobile occupait une place particulière. Mercedes, Fiat, Ford Mustang ou Caterham ont accompagné certains de ses rôles les plus célèbres, au point de devenir parfois presque aussi mémorables que les scènes elles-mêmes. Mais les voitures de Jean-Paul Belmondo racontent également une histoire plus personnelle : loin des caméras, l’acteur était un véritable amateur de belles mécaniques, avec notamment plusieurs Ferrari dans son garage.
Crédit photo: Capture d’écran – L’As des as (1982), Gaumont
Les voitures de Jean-Paul Belmondo : Mercedes 540K dans L’As des as
Parmi les voitures de Jean-Paul Belmondo : Mercedes 540K, Ferrari 250 GT, Ferrari Dino 246, Mustang et Fiat Uno, entre cinéma et vie privée.
Dans L’As des as (1982), l’action se déroule dans l’Allemagne des années 30. Rien d’étonnant à voir Belmondo au volant d’une Mercedes 540K, modèle de prestige par excellence. Long capot, ailes rondes, roues à rayons chromés, sellerie cuir : cette voiture incarne le luxe d’avant-guerre.
Mais Bébel, lui, la détourne avec panache. Dans une séquence mémorable, il roule avec désinvolture, en veste blanche et sourire aux lèvres, transformant la limousine en destrier de cinéma. Le contraste est délicieux : un héros populaire dans une voiture d’aristocrate, un cascadeur dans une auto de parade. Et pourtant, ça marche. Parce qu’il la conduit comme il joue : avec aplomb.
Crédit photo: Capture d’écran – Flic ou Voyou (1979), Gaumont
Caterham Super Seven : le style libre de Flic ou Voyou
On pense souvent à tort que c’est une Morgan. Mais non : dans Flic ou Voyou (1979), c’est bien une Caterham Super Seven crème que Belmondo conduit sur les routes de la Côte d’Azur.
Un cabriolet léger, au design minimaliste, inspiré des Lotus des années 50. Rien d’ostentatoire ici, mais une pure invitation au plaisir de conduite.
La Caterham colle parfaitement au personnage : insaisissable, joueur, élégant sans en faire trop. On le voit filer en bord de mer, cheveux au vent, sourire en coin, comme s’il ne jouait plus un rôle. Juste un homme, sa voiture, et la route.
Fiat 124 : nervosité à l’italienne dans Le Casse
Dans Le Casse (1971), tourné en Grèce, Belmondo reprend son rôle de roi de la cascade. Et pour ça, il choisit une Fiat 124. Face à Omar Sharif, l’affrontement se joue autant à coups de regards que de dérapages contrôlés.
La 124 , agile, compacte, joue les prolongations dans des ruelles serrées, bondit sur les pavés, frôle les rebords. Elle ne triche pas. Elle encaisse. Et elle résiste, à l’image de Bébel lui-même, qui réalise là encore une grande partie de ses cascades. Comme une prolongation de son corps, mécanique, rapide, prête à risquer le crash pour une bonne scène.
Crédit photo: Capture d’écran – Le Marginal (1983), Gaumont
Ford Mustang noire : la violence urbaine de Le Marginal
Dans Le Marginal (1983), le ton change. Belmondo campe un flic dur, sans illusion, qui affronte un réseau mafieux dans un Marseille crépusculaire. Son arme ? Une Ford Mustang noire, modèle coupé, brut de décoffrage. Rien à voir avec les GT américaines clinquantes : ici, la voiture est un prolongement de sa rage.
Elle démarre dans un crissement de pneus, fend la nuit, encaisse les coups comme son conducteur. La Mustang n’est pas là pour séduire. Elle mord l’asphalte, elle cogne. Elle symbolise une époque où les héros n’ont plus besoin de décapotables : juste d’un volant solide et d’un moteur qui grogne.
Crédit photo: Capture d’écran – Joyeuses Pâques (1984), Gaumont
Fiat Uno : l’humour automobile de Joyeuses Pâques
Mais Belmondo savait aussi se moquer de lui-même. Dans Joyeuses Pâques (1984), il se retrouve au volant d’une modeste Fiat Uno, citadine italienne aussi commune qu’un pot de yaourt nature. Exit la classe, le panache, la vitesse. Place au comique de situation.
La Uno devient ici un ressort de contraste : un homme débordé, une situation absurde, et une voiture qui grince plus qu’elle ne gronde. Bébel en joue avec talent. Il montre qu’il peut aussi faire rire en Fiat, sans qu’aucun spectateur ne se sente trahi. C’est ça, aussi, son talent : savoir quand appuyer sur l’accélérateur… et quand freiner.
Crédit photo: turbo Ferrari Dino 246GT
Jean-Paul Belmondo et ses Ferrari : une passion bien réelle
En dehors des tournages, les voitures de Jean-Paul Belmondo avaient un tout autre rôle. Pas de cascades, pas de mise en scène, juste du plaisir. Car derrière l’acteur associé aux poursuites et aux voitures de cinéma se cachait un véritable amateur de belles mécaniques. Il a possédé au moins trois Ferrari, attestées par des photographies ou des témoignages de son entourage :
- Une Ferrari 250 GT dans les années 60 : modèle rare, élégant et relativement discret, parfaitement dans l’esprit du jeune Belmondo de cette époque.
- Une Ferrari Dino 246 GT : petit coupé sportif à moteur central arrière, plus compact et joueur, conçu davantage pour les sensations que pour afficher sa puissance.
- Une Ferrari 308 GTS : targa devenue emblématique des années 70 et 80, avec sa ligne basse et son V8, idéale pour profiter de la route à ciel ouvert.
Belmondo ne semblait pas considérer ces voitures comme des pièces de collection destinées à rester immobiles. Il roulait avec elles et les intégrait simplement à sa vie. C’est peut-être ce qui rend cette passion automobile particulièrement révélatrice cinq ans après sa disparition : les voitures spectaculaires de ses films appartenaient à ses personnages, mais ses Ferrari racontaient quelque chose de l’homme lui-même.
Conclusion
Cinq ans après sa disparition, Jean-Paul Belmondo reste indissociable de ces scènes où l’action, l’humour et l’automobile se mêlaient avec une liberté devenue rare au cinéma. Mercedes 540K, Caterham, Fiat 124 ou Ford Mustang ont accompagné des personnages qui lui ressemblaient parfois beaucoup : indépendants, imprévisibles et toujours prêts à accélérer. Mais ses Ferrari personnelles rappellent que cette relation avec l’automobile dépassait largement les besoins d’un scénario. Chez Bébel, le plaisir de conduire continuait une fois les caméras éteintes. Ses voitures font ainsi partie de ces détails qui, cinq ans après sa disparition, entretiennent encore le souvenir d’un acteur qui semblait vivre avec la même énergie à l’écran et sur la route.
Nota Bene :
Le 6 septembre 2026 marque les cinq ans de la disparition de Jean-Paul Belmondo. Ses films continuent pourtant de faire vivre une époque où une poursuite automobile, une cascade et quelques belles mécaniques suffisaient parfois à créer des scènes devenues cultes.
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