Les canicules vont-elles changer notre façon de construire ?
Chaque été semble battre un nouveau record de chaleur. Les épisodes de canicule se succèdent, parfois dès le mois de juin, et les nuits deviennent de plus en plus difficiles à supporter dans certains logements. Face à cette nouvelle réalité, une question mérite d’être posée. Les canicules vont-elles changer notre façon de construire ?
Pendant longtemps, les bâtiments ont surtout été conçus pour conserver la chaleur en hiver. C’était logique dans un pays où le froid représentait la principale préoccupation énergétique. Aujourd’hui, le défi est différent. Il faut toujours bien isoler les logements, mais aussi éviter qu’ils ne deviennent de véritables fours lorsque le thermomètre dépasse les 35 ou 40 degrés.
Les solutions existent déjà. Les architectes travaillent davantage sur l’orientation des bâtiments, la ventilation naturelle, les protections contre le soleil, les matériaux capables de limiter les surchauffes ou encore la végétalisation des façades et des toitures. Ce qui relevait parfois de projets expérimentaux commence progressivement à trouver sa place dans les constructions les plus récentes.
Les villes elles-mêmes pourraient évoluer. Les arbres deviennent de précieux alliés contre les îlots de chaleur, les cours d’école se végétalisent, les parkings accueillent des ombrières solaires et les matériaux trop sombres, qui emmagasinent la chaleur, sont parfois remplacés par des revêtements plus clairs. Chaque petit changement ne résout pas le problème à lui seul, mais leur addition peut améliorer sensiblement le confort en période estivale.
Il faudra peut-être aussi accepter de remettre en question certaines habitudes. Pendant des décennies, climatiser davantage est apparu comme la réponse la plus évidente. Mais la réflexion s’élargit désormais à la conception même des bâtiments. Un logement qui reste naturellement frais consomme moins d’énergie, offre un meilleur confort et dépend moins d’équipements coûteux à faire fonctionner.
L’évolution pourrait être encore plus profonde dans les prochaines décennies. Des concepts aujourd’hui peu répandus, comme des habitats semi-enterrés, des quartiers beaucoup plus végétalisés ou des bâtiments conçus autour de grands espaces favorisant la ventilation naturelle, pourraient progressivement trouver leur place dans les projets urbains. Ce qui semble aujourd’hui original pourrait devenir une réponse parmi d’autres si les épisodes de chaleur extrême continuent de se multiplier.
Finalement, les canicules ne changeront peut-être pas seulement notre façon de vivre l’été. Elles pourraient transformer durablement notre manière de construire les villes et les logements. L’histoire de l’architecture a toujours évolué en réponse aux contraintes de son époque. Le climat pourrait bien devenir l’une des plus importantes du XXIᵉ siècle.
Nota Bene :
Les bâtiments que nous construisons aujourd’hui seront encore là dans cinquante ou soixante ans. Les imaginer adaptés au climat de demain est peut-être déjà l’un des plus grands défis de notre époque.
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