Concept d'habitat souterrain illustrant une vision des villes de demain organisées autour d'un puits de lumière central.
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Et si les villes de demain se construisaient sous terre ?

Chaque été semble battre le précédent. Les canicules s’installent plus tôt, durent plus longtemps et rendent certaines villes difficiles à supporter. Pour y faire face, nous plantons des arbres, renforçons l’isolation des bâtiments, installons des protections solaires ou des climatiseurs. Toutes ces solutions ont leur intérêt. Mais une question mérite peut-être d’être posée. Et si les villes de demain se construisaient sous terre ?

L’idée peut sembler étonnante au premier abord. Pourtant, nous n’avons jamais hésité à enterrer des kilomètres de métro, des parkings, des centres commerciaux, des gares ou des tunnels routiers. En revanche, lorsqu’il s’agit d’habiter, nous continuons presque systématiquement à construire en surface, comme si cette évidence ne pouvait pas être remise en question.

Le sous-sol possède pourtant une qualité que les ingénieurs connaissent depuis longtemps. À quelques mètres de profondeur, la température reste relativement stable toute l’année. En période de canicule, cela représente un avantage considérable. Plutôt que de lutter en permanence contre la chaleur, pourquoi ne pas profiter naturellement de cette inertie thermique ?

Bien sûr, il ne s’agit pas d’imaginer des immeubles ressemblant à des bunkers. Les techniques modernes permettraient d’envisager des bâtiments organisés autour de grands patios à ciel ouvert, apportant lumière naturelle, ventilation, végétation et voies d’évacuation simples. Les progrès de l’éclairage LED, capable de reproduire les variations de la lumière du jour, ouvrent également des perspectives qui n’existaient pas il y a encore quelques années.

Cette approche présenterait un autre avantage inattendu. En libérant une grande partie de la surface, les villes pourraient consacrer davantage d’espace aux arbres, aux jardins, aux rues plus larges ou même à des parkings de surface protégés par des auvents équipés de panneaux solaires. Finalement, pourquoi continuons-nous à protéger les voitures sous terre plutôt que les habitants ?

Évidemment, une telle évolution soulèverait de nombreuses difficultés. Le coût des travaux serait considérable, certaines zones s’y prêteraient mal en raison des nappes phréatiques, et beaucoup auraient sans doute du mal à imaginer vivre autrement que derrière une fenêtre donnant sur la rue. Les habitudes changent rarement du jour au lendemain.

Pourtant, l’histoire montre que l’architecture s’est toujours adaptée aux contraintes de son époque. Les maisons troglodytiques, les habitats creusés dans la roche ou certaines constructions bioclimatiques témoignent déjà de cette recherche d’un meilleur confort thermique. Avec un climat qui évolue, il n’est pas impossible que d’autres solutions, aujourd’hui marginales, deviennent progressivement crédibles.

Personne ne peut dire si les villes de demain se construiront réellement sous terre. Mais face à des étés toujours plus chauds, il n’est peut-être pas absurde de s’interroger sur des idées qui paraissaient inconcevables il y a seulement quelques décennies. Après tout, les plus grandes innovations commencent souvent par une simple question.

Nota Bene

Certaines idées semblent irréalistes lorsqu’elles apparaissent. Puis le contexte change, les technologies évoluent et elles deviennent peu à peu des solutions parmi d’autres. Peut-être en sera-t-il ainsi pour une partie de l’habitat de demain.

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