Entrepôt logistique vide avec structure métallique et éclairage industriel, illustrant la baisse d’activité liée à la taxe sur les petits colis en France.
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Taxe petits colis France, la brillante idée qui a vidé Roissy

Sur le papier, l’idée pouvait sembler séduisante. Taxer les petits colis venus de l’étranger pour freiner l’invasion de produits à bas prix et protéger les commerces locaux. Une mesure simple, rapide, presque évidente. Dans la réalité, c’est un tout autre spectacle qui se joue.

Depuis l’entrée en vigueur de la taxe petits colis France, deux euros par envoi inférieur à 150 euros, les avions cargo ont tout simplement changé de destination. Moins de vols à Roissy, des entrepôts vides, des salariés qui n’ont plus rien à faire de leurs journées. Littéralement plus rien.

Certains témoignent qu’ils en sont réduits à tuer le temps comme ils peuvent, en attendant une activité qui ne revient pas.

Et pendant ce temps, les colis, eux, continuent d’arriver.

Simplement ailleurs.

Liège, Amsterdam, parfois la Pologne. Les plateformes logistiques se sont adaptées en quelques jours. Les avions atterrissent dans des pays où cette taxe n’existe pas, puis les marchandises entrent en France par la route. Coût supplémentaire, un centime par colis. Autant dire rien.

Le résultat est d’une logique implacable. Les géants du e-commerce ne sont pas impactés. Les flux continuent. Les consommateurs continuent de commander. Et les seuls à encaisser le choc sont… les acteurs français de la logistique.

Des entreprises qui traitaient des centaines de milliers de colis par jour voient leur activité s’effondrer. Certaines sont déjà au bord du dépôt de bilan. D’autres rendent des entrepôts loués à prix d’or, parfois plusieurs centaines de milliers d’euros par mois.

Tout ça pour quoi ?
Pour une mesure décidée dans son coin, sans coordination européenne, comme si personne n’avait imaginé une seconde que les flux allaient simplement se déplacer de quelques centaines de kilomètres.

C’est peut-être ça, le plus frappant.

On parle ici de groupes capables de gérer des milliards de produits, de déplacer des flux à l’échelle mondiale en quelques jours. Et en face, on semble découvrir qu’un avion peut atterrir ailleurs qu’en France.

Nos décideurs sont entourés de cabinets, d’experts, de conseillers en tous genres. Des gens compétents, bien payés, dont le rôle est justement d’anticiper ce type de réaction. Et pourtant, personne n’a visiblement pensé à ce scénario pourtant évident.

Résultat, une mesure censée protéger l’économie française finit par fragiliser un secteur entier, sans ralentir le phénomène qu’elle visait.

On voulait freiner les colis.

On a surtout vidé Roissy.

Nota Bene :

Depuis la mise en place de la taxe sur les petits colis, plusieurs acteurs de la logistique française alertent sur une chute brutale d’activité. Les flux, eux, n’ont pas disparu, ils ont simplement changé de route.

À lire aussi : Taxe cartes Pokémon, fallait-il vraiment en arriver là ?

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