Retraite sénateurs, le palais du Luxembourg coté jardin
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Retraite sénateurs : faut-il vraiment rendre le magot au budget de l’État ?

On a appris, entre deux débats sur le prix des pâtes et les augmentations de taxes, que le Sénat dorlote un petit “magot” de 1,8 milliard d’euros. Oui, oui, un milliard huit cent millions. La justification officielle ? Ce trésor bien gardé sert à financer les retraites de nos chers anciens sénateurs, ces sages de la République dont les cotisations actuelles ne couvriraient que 35 % du montant total. Résultat, les intérêts de cette somme rondelette permettent au Sénat d’abonder la caisse sans avoir à quémander à l’État tous les mois.

Bien sûr, la nouvelle fait grincer des dents. Certains députés montent au créneau, indignant les médias, dénonçant une gestion “hors sol” de l’argent public, voire une forme d’entre-soi : pourquoi une institution nationale placerait-elle de l’argent “pour elle-même” plutôt que de reverser ce pactole au budget commun ? “Le Sénat n’a pas vocation à jouer au banquier”, tonne-t-on à l’Assemblée. Question qui fait mouche, la retraite des sénateurs doit-elle être gérée par l’État comme celle de tout fonctionnaire ?

Mais soyons honnêtes deux minutes, si les 1,8 milliard retournaient dans les caisses de l’État, est-ce qu’ils seraient vraiment mieux gérés ? Quand on voit l’état des finances publiques, on a parfois l’impression de regarder un conducteur novice dans une Ferrari Testarossa, ça part vite, mais pas toujours dans la bonne direction. On imagine déjà le magot fondu en quelques plans d’urgence, saupoudré façon confettis sur divers ministères, pour finir par ne plus rien rapporter à personne, surtout pas aux retraités concernés.

D’ailleurs, qui paierait alors les retraites des anciens sénateurs ? L’État, bien sûr… Autrement dit, nous tous, via nos impôts. On tournerait en rond comme un rond-point breton, moins de capital, plus de charges publiques, et une belle polémique supplémentaire sur le dos.
On pourrait se demander, au fond, si ce magot n’est pas finalement géré de façon plus responsable par le Sénat que ne le ferait l’État. On ne parle pas ici de privilèges indus, mais d’un mode de gestion qui, étonnamment, ressemble à du bon sens, faire fructifier un capital pour assurer un engagement financier à long terme. Qui l’eût cru, dans une République souvent fâchée avec l’épargne ?

Bien sûr, la question n’est pas close. Peut-on accepter qu’une institution gère son propre pactole alors que l’argent reste public ? Doit-on voir là une anomalie démocratique ou une solution à généraliser ?
En tout cas, le vrai débat est lancé, et si, pour une fois, une gestion “à l’ancienne” pouvait donner des idées à la grande machine de l’État ? Incroyable mais vrai, parfois, garder un magot au chaud rapporte plus que de tout dilapider d’un coup. Qui aurait parié là-dessus ?

Nota Bene:

Parfois, la gestion discrète du Sénat étonne même les plus sceptiques. Ce genre d’anomalie financière soulève bien des questions, mais rappelle qu’en matière d’argent public, les surprises ne manquent jamais.

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