Malus au poids auto : quand 75 kg peuvent vous coûter 2 250 €
On parle souvent du malus écologique, du CO2, des SUV trop gros, des voitures trop lourdes. Mais il y a un détail que peu de gens connaissent vraiment, et qui peut pourtant faire très mal au portefeuille. Très mal.
Le malus auto, officiellement appelé taxe sur la masse en ordre de marche se base sur une valeur administrative inscrite en case G de la carte grise. Jusque-là, rien d’anormal.
Sauf qu’à cette masse s’ajoute systématiquement… 75 kg pour le conducteur.
Oui, même si vous pesez 60 kg.
Oui, même si vous pesez 90.
Oui, même si la voiture est livrée vide.
Résultat : ces 75 kg “fantômes” entrent directement dans le calcul du malus.
Et à partir de 2026, chaque kilo compte.
Car dès le 1er janvier 2026, le seuil tombe à 1 499 kg. Au-delà, le tarif s’applique au kilo près, selon une grille progressive :
- de 1 500 à 1 699 kg : 10 € par kilo
- de 1 700 à 1 799 kg : 15 €
- de 1 800 à 1 899 kg : 20 €
- de 1 900 à 1 999 kg : 25 €
- à partir de 2 000 kg : 30 € par kilo
Prenons un exemple simple.
Vous achetez un véhicule affiché à un peu plus de deux tonnes en masse administrative. À ce niveau-là, les 75 kg du conducteur sont facturés 30 € chacun.
75 × 30 = 2 250 €.
Juste pour exister. Ça peut faire sourire. Jusqu’au jour où ça vous arrive. Et ce n’est que le début.
Le calendrier est déjà écrit :
- 1er janvier 2025 : les hybrides rechargeables sont entrés dans le champ du malus
- 1er janvier 2026 : le seuil a été abaissé à 1 499 kg, nouvelle grille
- 1er juillet 2026 : certaines voitures électriques deviennent imposables
- 1er janvier 2027 : fin de l’abattement pour les micro-hybrides
- 1er janvier 2028 : inclusion de l’hydrogène et fin du plafonnement du cumul des malus
Autrement dit, presque tout le monde finira concerné.
Le discours officiel est connu : voitures plus légères, moins polluantes, plus vertueuses. Sur le papier, c’est séduisant. Dans la réalité, ça ressemble surtout à une taxe déguisée sur les familles, les gros rouleurs, les professionnels, et tous ceux qui ont besoin d’un véhicule spacieux.
Même l’électrique n’y échappera pas longtemps. On peut comprendre l’objectif environnemental. Mais quand on commence à facturer le poids… du conducteur, on frôle l’absurde. À ce stade, on ne parle plus d’écologie, mais de fiscalité pure. La vraie question est simple : jusqu’où ira cette logique ?
Parce qu’à ce rythme, posséder une voiture deviendra bientôt un luxe réservé à ceux qui peuvent absorber des milliers d’euros de taxes sans sourciller. Et ça, c’est quand même fascinant.
Nota Bene :
Ce billet d’humeur fait partie d’une série quotidienne sur l’actualité automobile et ses dérives. Si ce regard vous parle, vous pouvez vous abonner gratuitement au billet d’humeur en bas de page. Dans les prochains jours, on parlera aussi des voitures électriques concernées dès juillet 2026, un sujet qui risque encore de faire grincer pas mal de dents.
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