Alliances politiques municipales, le grand retour du bal des hypocrites
Le premier tour des élections municipales est à peine passé que le spectacle a déjà commencé. Dans les grandes villes surtout, celui que l’on connaît bien et que l’on pourrait presque appeler une tradition nationale. Le bal des alliances politiques municipales.
Depuis dimanche soir, les déclarations fleurissent. Les conférences de presse aussi. Et avec elles, les contorsions verbales qui feraient pâlir d’envie un professeur de gymnastique. Car il faut bien sauver quelques sièges.
Hier encore, certains responsables politiques expliquaient avec gravité qu’ils ne pourraient jamais, au grand jamais, s’associer avec tel ou tel parti. Les divergences étaient trop profondes, les valeurs incompatibles, les désaccords irréconciliables. On parlait de lignes rouges, de convictions, de respect des électeurs. Puis arrive l’entre-deux-tours. Et soudain, les lignes rouges deviennent légèrement roses.
Les désaccords se nuancent. Les incompatibilités se discutent. Les déclarations d’hier sont replacées dans leur contexte. Bref, la politique retrouve sa souplesse légendaire.
Le Parti socialiste, qui a toujours été un maître dans l’art des circonvolutions tactiques, n’échappe évidemment pas à la règle. Depuis des mois, certains de ses responsables expliquaient qu’il était hors de question de conclure des accords avec La France insoumise. Les désaccords étaient trop importants, les méthodes trop différentes. Mais lorsque les résultats du premier tour ne sont pas aussi bons qu’espéré, la réalité électorale devient soudain très persuasive.
Les discussions commencent. Les téléphones chauffent. Les réunions s’enchaînent.
Et dans bien des villes, on découvrira peut-être demain des alliances qui auraient semblé impensables il y a encore quelques semaines.
Ce théâtre politique a quelque chose d’assez révélateur. Car au fond, ce ne sont pas seulement les programmes ou les idées qui se négocient dans ces heures fébriles. Ce sont surtout des positions, des postes et des majorités municipales.
Pendant ce temps, dans la grande majorité des communes françaises, l’histoire est tout autre. Dans les villages et les petites villes, les maires sont souvent élus dès le premier tour. Et bien souvent, personne ne sait vraiment à quel parti ils appartiennent.
Parce que là, on vote d’abord pour une personne. Pour quelqu’un que l’on connaît, que l’on croise au marché ou à la sortie de l’école. Deux façons très différentes de faire de la politique locale. D’un côté, la proximité et le pragmatisme. De l’autre, le bal parfois un peu embarrassant des alliances politiques municipales.
Un bal qui a commencé dimanche soir.
Et qui se terminera aujourd’hui à 18 heures, lorsque les listes du second tour devront être déposées.
Nota Bene :
Chaque entre-deux-tours municipal produit son lot d’alliances inattendues. Un moment très révélateur de la mécanique réelle de la politique locale, souvent bien éloignée des grandes déclarations de principe.
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