Salle de la buvette de l’Assemblée nationale avec tables et comptoir
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Alcool à l’Assemblée nationale, le deux poids deux mesures qui dérange

L’information avait fait du bruit il y a quelques mois. Les buvettes de l’Assemblée nationale et du Sénat, où l’alcool peut être consommé et parfois réglé via les frais de mandat. Traduction simple, ce sont les contribuables qui paient la tournée.
Et comme souvent, la polémique s’est focalisée sur le montant. Environ 90 000 euros par an pour l’Assemblée. Rapporté au nombre d’élus, cela fait une vingtaine d’euros par mois et par tête.

Honnêtement, on a vu pire en matière d’argent public. Non, le vrai sujet n’est pas là.

Le vrai sujet, c’est cette vieille habitude française qui ne disparaît jamais vraiment, le deux poids deux mesures.
Partout en France, la règle est claire. La consommation d’alcool sur le lieu de travail est encadrée, souvent interdite en dehors de cas très précis. Dans la majorité des entreprises, c’est tout simplement non. Pas de débat.

Et pourtant, au cœur même du pouvoir, là où les lois sont votées, cette règle ne semble pas s’appliquer.

Comment expliquer qu’un salarié classique ne puisse pas boire un verre sur son lieu de travail, mais qu’un député, lui, le puisse ? Comment justifier que ceux qui écrivent la règle soient aussi ceux qui s’en affranchissent ?

C’est là que le malaise s’installe. Car ce genre de détail, en apparence anecdotique, dit beaucoup plus qu’on ne le pense. Il nourrit ce sentiment diffus que les règles ne sont pas les mêmes pour tout le monde. On peut comprendre qu’un élu ait des contraintes, des repas, des rendez-vous. On peut aussi admettre qu’un verre de vin à table ne transforme pas une assemblée en bistrot de quartier.

Mais alors, pourquoi ne pas appliquer la même logique partout ?
Pourquoi maintenir une exception qui donne le sentiment d’un privilège, même minime ?

Et au fond, c’est peut-être là que réside le problème. Pas dans les 20 euros par mois, mais dans l’image que cela renvoie. Une image de déconnexion, de règles à géométrie variable, de petites entorses acceptées parce qu’elles concernent les “bons” endroits. Alors oui, la tentation est grande d’en sourire.

On pourrait même se dire, avec un peu d’ironie, que certaines décisions prises dans l’hémicycle s’expliquent mieux comme ça. Après tout, qui n’a jamais voté contre quelque chose qu’il a lui-même proposé… avant de s’excuser quelques minutes plus tard ?

Mais derrière la plaisanterie, il reste une question simple. Dans un pays qui demande des efforts à tout le monde, est-ce vraiment le bon message à envoyer ?

Nota Bene :

Ce ne sont jamais les grandes affaires qui creusent le fossé. Ce sont les petites exceptions répétées, celles que tout le monde voit, et que personne ne corrige.

À lire aussi : Commerces centres-villes, le lent déclin que tout le monde voit

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