Un tracteur rouge pulvérise des pesticides au centre d’un champ, entre des rangées de cultures vertes parfaitement alignées.

Censurer pour polluer plus : l’art français de décider

Il y a des jours où la logique française ressemble à un gag dont on aurait perdu la chute. Dernier épisode : le Conseil constitutionnel vient de censurer la loi Duplomb, qui réautorisait un pesticide déjà utilisé partout en Europe… sauf chez nous. Motif officiel : santé publique, environnement, bonnes intentions. Sur le papier, ça brille. Dans la vraie vie, c’est une autre histoire.

Prenons les noisettes. Sans ce produit, leur culture chez nous n’est tout simplement pas rentable. Résultat ? La France importe aujourd’hui environ 90 % de sa consommation, principalement de Turquie… où, surprise, le pesticide en question est parfaitement autorisé. Donc oui, on le mange quand même, mais dans des noisettes turques, avec en prime l’empreinte carbone des milliers de kilomètres parcourus pour nous parvenir. Cherchez l’erreur.

Et les noisettes ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Le cas est tout aussi criant pour d’autres cultures, comme la betterave sucrière. Là encore, le raisonnement est le même : interdiction nationale, pertes agricoles, concurrence étrangère qui utilise sans scrupule les produits bannis chez nous, et importations massives pour combler le manque. Au passage, on ruine nos producteurs locaux, on affaiblit notre souveraineté alimentaire, et on fait grimper notre dépendance logistique.

Où est le gain ? On se rassure avec un discours “vert” pendant que la réalité économique et écologique file droit dans le mur. C’est un peu comme si on décidait d’interdire les voitures en ville… mais qu’on importait quand même tous les produits qu’elles transportaient, produits fabriqués dans des pays où le trafic est trois fois pire. Résultat : le problème ne disparaît pas, il change juste de code postal.

Ce n’est pas nier l’importance de protéger l’environnement. Mais à force de brandir l’écologie comme un totem politique, certains en oublient les mathématiques simples : si un produit est utilisé par tous vos concurrents, que vous le bannissez seul, et que vous continuez d’acheter le fruit de leur production… vous ne protégez rien. Vous délocalisez juste la pollution et vous cassez votre propre économie.

Alors, manque d’anticipation, incompétence, ou simple posture ? Quand on voit l’empilement de décisions de ce genre, on se demande si le bon sens n’a pas été rayé de la liste des espèces protégées.

Nota Bene :

Les décisions politiques qui interdisent localement des pratiques tolérées ailleurs ne font souvent que déplacer le problème. Elles créent des paradoxes où l’on perd à la fois sur le plan environnemental et économique. L’affaire du pesticide et des noisettes n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

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