Un homme politique en costume prend un selfie avec son smartphone sur fond bleu, symbolisant la présence des élus sur les réseaux sociaux.

Et si on interdisait les réseaux sociaux aux politiques ? 

C’est devenu un réflexe : on ouvre son téléphone, et paf, Gabriel Attal en selfie vidéo. Matin, midi, soir, parfois même la nuit — un peu comme une pub YouTube que tu ne peux pas passer. Le Premier ministre ? Influenceur. Le maire ? TikTokeur. Le député ? En live sur Insta. Et si la politique, finalement, c’était devenu un métier de créateur de contenu ?

Alors oui, bien sûr, on se doute bien qu’ils ne montent pas eux-mêmes leurs vidéos dans une cave mal éclairée, avec un Red Bull tiède à la main. C’est le boulot des équipes com’, souvent issues d’un cabinet ministériel, d’un service municipal… ou d’une agence grassement payée. Traduction : on les paie, avec nos impôts, pour qu’ils nous expliquent ce qu’ils vont peut-être faire. Mais sans jamais avoir le temps de le faire vraiment. Comme le dit si bien l’humoriste Naim : « Les gens qui passent leur temps à t’expliquer ce qu’ils vont faire… ben, ils ne font rien. »

Et Gabriel Atal n’est pas le seul. On pourrait croire à une épidémie de storytelling compulsif. Tous les responsables politiques veulent « reprendre la parole », « créer du lien », « rendre la politique accessible ». Mais on dirait surtout qu’ils veulent des vues, des likes, et des cœurs sur leurs reels. À ce rythme-là, ils vont bientôt se filmer en train de signer des décrets… avec des filtres Snapchat.

La vraie question est simple : quand ont-ils le temps de gouverner ? Entre les prises de vue, les tournages, les relectures, les validations, les publications, en plus des plateaux TV, et le community management, on en vient à se demander si leur emploi du temps est calibré comme celui d’un ministre… ou d’un YouTubeur.

Et puis il y a cette gêne sourde : ce besoin maladif de tout expliquer, tout justifier, tout vendre, parfois avant même que ce soit décidé. Résultat : du bruit, du buzz, de la com’, mais très peu de concret. Le peuple ne veut pas des chefs de produit en storytelling. Il veut des gens qui bossent, qui tranchent, qui assument.

Alors voilà. Interdire les réseaux sociaux aux politiques, c’est peut-être exagéré. Mais instaurer un quota de silence utile ? Une limite de trois stories par semaine ? Ou mieux : un “badge action” réservé à ceux qui ont agi avant de parler ? On signe où ?

Nota Bene

On rêve peut-être, mais avoue : un gouvernement sans reels ni face cam’, ça aurait un petit goût de sérieux, comme une réunion sans PowerPoint.

À lire aussi : Le billet d’humeur d’hier

Ne ratez aucun billet d’humeur

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *