Garage de Nicolas Cage : stars automobiles et folies mécaniques
Il y a des stars de cinéma qui posent devant des voitures, et d’autres qui vivent vraiment avec elles. Nicolas Cage appartient sans conteste à la seconde catégorie. Acteur exubérant, personnage borderline, passionné de bande dessinée, de château gothique… et surtout de moteurs. Son garage, ou plutôt ses garages successifs, ressemblent à un inventaire à la Prévert, version V12. Du luxe, du chaos, de l’amour mécanique, et quelques excès qui l’ont mené tout droit au fisc. Le garage de Nicolas Cage, c’est plus qu’une collection : c’est un film à lui tout seul.
Crédit photo:Backgrid / DR Ferrari Enzo
L’automobile comme passion héréditaire
La passion automobile ne lui est pas tombée dessus par hasard. Né dans une famille aux goûts artistiques affirmés, Nicolas Cage a grandi en Californie, bercé par les vrombissements de grosses cylindrées américaines. Son père, August Coppola, était amateur de belles mécaniques, en particulier les Cadillac des années 50. De là à expliquer la frénésie d’achats de son fils ? Peut-être pas. Mais il y a comme un fil conducteur : la voiture comme objet affectif, presque comme un talisman.
Jeune acteur en pleine ascension, Cage se fait vite plaisir. Dès les années 90, il aligne quelques modèles iconiques dans son allée : une Chevrolet Corvette Stingray, une Ford Mustang Boss 429, une Dodge Charger RT. Le genre de machines qui transpirent la sueur, le chrome et la gomme brûlée.
Crédit photo: tomhartleyjnr Lamborghini Miura SV
Des classiques américains aux supercars européennes
Ce qui frappe, c’est l’éclectisme de sa collection. Là où certains milliardaires alignent des Ferrari comme d’autres collectionnent des timbres, Cage alterne entre muscle cars vintage et hypercars européennes. Une Lamborghini Miura SV à côté d’une Buick Riviera, une Ferrari Enzo à côté d’une Plymouth Superbird. Comme un adolescent qui n’aurait jamais appris à choisir — et c’est bien ça qui rend sa collection si fascinante.
On y trouve de tout : Aston Martin DB5, Lamborghini Diablo VT Roadster, Porsche 356 Speedster, Rolls-Royce Ghost, et même une très rare Ferrari 599 GTB Fiorano avec boîte manuelle. À mi-chemin entre la collection et le caprice de gosse, on est parfois surpris par ses choix, mais toujours curieux de voir ce qu’il sortira ensuite de son chapeau.
Le garage de Nicolas Cage : entre grandeur et chaos
À son apogée, le garage de Nicolas Cage comptait plus de 50 véhicules. Pas tous entreposés dans un seul lieu, bien sûr, mais répartis entre plusieurs propriétés. L’un de ses anciens assistants aurait décrit l’ambiance comme celle “d’un musée sans carte ni logique”. On imagine volontiers la scène : la poussière sur une Miura, les clés de la Rolls égarées derrière un flipper, et un post-it collé sur le pare-brise d’une Ferrari avec écrit : “à refaire : freins”.
C’est cette dimension à la fois grandiose et bordélique qui fascine autant que son jeu d’acteur. Tout est dans l’excès. Dans les choix. Dans la manière. Un garage comme un miroir de son esprit, un peu foutraque, toujours passionné.
Crédit photo:prewarcar Bugatti 57C Atalante
Des modèles rares et iconiques à la pelle
Parmi les joyaux de sa collection passée, certains font saliver les collectionneurs du monde entier :
– Une Lamborghini Miura SVJ, rare variante inspirée des modèles de course.
– Une Bugatti Type 57C Atalante, digne d’un salon d’art déco sur roues.
– Une Ferrari Enzo, l’un des 400 exemplaires produits.
– Une Rolls-Royce Phantom V, du même acabit que celle de la Reine.
– Et même une Jaguar D-Type, copie certifiée construite sur des bases d’époque.
Cage n’a jamais visé la discrétion. Il voulait de l’exceptionnel, du clinquant, du légendaire. Une collection de voitures comme un casting de film culte : chaque modèle a son rôle, son histoire, sa gueule.
Crédit photo: supercars Jaguar D Type
Entre frasques fiscales et ventes aux enchères
Mais quand on joue avec le feu, on finit par se brûler les jantes. À partir de 2009, le fisc américain se penche sérieusement sur ses finances. Résultat : plus de 14 millions de dollars d’impôts impayés, et une bonne partie de sa collection automobile mise aux enchères pour éponger les dettes.
Des Mustang, des Ferrari, des Bentley envolées… parfois à des prix ridiculement bas. Un collectionneur racontait avoir acquis une Aston Martin DB9 de Cage “avec encore un disque de Metallica coincé dans le chargeur CD”.
Au fond, ces ventes ont sans doute été un crève-cœur pour lui. Pas seulement une perte financière, mais un arrachement affectif, comme vendre les pages d’un journal intime.
Crédit photo: classicnumber Jaguar XK120
Un rapport émotionnel aux voitures, pas juste de la frime
Contrairement à d’autres stars qui roulent en G-Wagen “parce que tout le monde en a un”, Cage a toujours assumé ses choix. Il roulait en Plymouth Prowler quand personne n’en voulait, en Jaguar XK120 sans direction assistée, en muscle cars bruyantes dans les rues de Los Angeles. C’était pour lui une manière d’être, pas un simple décor.
D’ailleurs, dans plusieurs de ses films, les voitures ne sont pas que des accessoires : la Shelby GT500 de 60 secondes chrono, la Lincoln Continental de Lord of War, ou encore la Chevrolet Camaro de Drive Angry. On sent que ça le touche. Qu’il les respecte. Qu’il les aime.
Conclusion
Le garage de Nicolas Cage, c’est un patchwork de passions, d’excès et de nostalgie. Un reflet brut de ce qu’il est : un homme entier, imprévisible, et profondément amoureux des voitures. Il n’a peut-être plus toutes ces merveilles sous la main aujourd’hui, mais son aura automobile, elle, reste intacte. À l’image de ses rôles les plus cultes : déroutant, mais inoubliable.
Nota Bene
Chez Nicolas Cage, chaque voiture raconte un excès, une histoire, un virage de vie. Un garage qui tient autant du musée que du miroir intime.
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