Collection du Sultan de Brunei : le plus grand garage du monde ?
Si l’on devait choisir un seul nom pour incarner tous les fantasmes automobiles, un seul garage qui fasse passer le musée Mercedes pour une brocante, ce serait sans conteste celui du Sultan de Brunei. Derrière les portes closes de ses palais, la famille royale a accumulé, pendant trois décennies, la collection la plus mystérieuse, extravagante, et mythique jamais vue. Entre records, modèles uniques et rumeurs folles, la collection Sultan de Brunei fascine autant qu’elle interroge : s’agit-il d’un chef-d’œuvre de passion… ou d’un caprice de milliardaire qui tourne à la mégalomanie ?
Crédit photo:wikipedia Le Sultan de Brunei Paduka Seri Baginda Haji Sir assanal Bolkiah Mu’izzaddin Waddaulah
Le Sultan de Brunei : profil d’un collectionneur hors norme
Hassanal Bolkiah, Sultan de Brunei, est à la tête d’une des dernières monarchies absolues du monde. À la fin des années 80, porté par des revenus pétroliers faramineux, il entre dans la légende comme l’un des hommes les plus riches de la planète. Son frère, le Prince Jefri, partage la même passion dévorante pour l’automobile.
Leur terrain de jeu ? Le globe entier. Aucun catalogue, aucune marque n’est inaccessible. Mieux : le Sultan se permet de commander des voitures… qui n’existent pas encore. En quelques années, le duo dépense des sommes incalculables pour assouvir chaque caprice mécanique — créant une “légende” mondiale, alimentée par le secret et la démesure.
Crédit photo:cockpitdz Une des centaine deRolls Royce de parade
Un garage hors du commun : chiffres et secrets
Impossible de parler de la collection Sultan de Brunei sans évoquer les chiffres qui donnent le vertige. On parle de plus de 5000 voitures stockées dans des hangars climatisés, parfois à l’abandon, souvent sous bonne garde. Certaines sources avancent même jusqu’à 7000 véhicules à la grande époque des années 1990.
Dans ce labyrinthe de béton, des allées entières dédiées à Ferrari, Rolls-Royce, Mercedes, Porsche, Jaguar… Des dizaines de modèles par série, plusieurs exemplaires de la même voiture dans toutes les couleurs imaginables.
Le plus étonnant reste le secret : très peu de photos officielles, presque aucun visiteur extérieur, et un entretien qui oscille entre la négligence et le soin obsessionnel. C’est la collection la plus riche… et la moins exposée du monde, comme une cathédrale automobile gardée jalousement.
Les pièces uniques et commandes spéciales du Sultan
Le Sultan de Brunei n’a jamais fait les choses à moitié. Sa collection regorge de modèles uniques au monde, créés exclusivement pour lui ou son frère. Ferrari 456 Venice (break de chasse à quatre portes !), Rolls-Royce Silver Spur Limousine dorée à l’or fin, Porsche 959 cabriolet, Jaguar XJ220S sur-mesure…
La famille royale a aussi commandé à Ferrari, Bentley, Aston Martin, Mercedes ou Lamborghini des versions “hors catalogue” — break, spider, limousine, coupé quatre portes, toutes aux couleurs et spécifications personnelles.
Certains modèles, jamais commercialisés, existent à 6 ou 7 exemplaires, tous pour Brunei. Les constructeurs eux-mêmes gardaient parfois le secret : tout se traitait via des cabinets d’avocats et sociétés-écrans à Londres ou Singapour.
Crédit photo:cockpitdz 8 Bentley Silverstone réalisées sur mesure pour le Sultan
Des Ferrari, Rolls et Bugatti sur-mesure : quand tout devient possible
La collection du Sultan, c’est un peu le “bureau d’étude bis” de l’industrie auto haut de gamme. On y trouve des Ferrari 456 Venice break et cabriolet (alors que la 456 n’a existé officiellement qu’en coupé), des Rolls-Royce “Cloudesque” (modèles hybrides entre Corniche et Phantom), des Bentley coupé 4 portes, des Bugatti EB110 customisées…
Même Bugatti aurait livré au Sultan une EB112 unique, sorte de berline coupé V12 qui n’a jamais vu le jour ailleurs.
Chaque marque de prestige y est représentée, parfois avec des séries “fantômes” : Rolls-Royce et Bentley auraient fabriqué jusqu’à 400 voitures uniquement pour Brunei, jamais commercialisées, non homologuées ailleurs, ou des protos rarissimes comme une BMW Nazca M12.
Crédit photo: cockpitdz Ferrari F90 produites à 6 ex pour le Sultan
Mythes, rumeurs et zones d’ombre autour de la collection
Ce secret quasi religieux a nourri tous les fantasmes. On raconte que des centaines de voitures seraient aujourd’hui à l’abandon, moteurs bloqués, pneus à plat, dans des hangars oubliés par la famille royale.
Des employés auraient, à la faveur d’une crise, vendu en douce quelques perles aux enchères. Les collectionneurs traquent la moindre photo volée, le catalogue “officieux” circule sous le manteau chez les spécialistes.
Certains disent que le Sultan aurait perdu la mémoire de sa propre collection, incapable de recenser tout ce qui dort dans ses garages. Il se murmure aussi que certaines commandes sont restées impayées, ou que des prototypes ont disparu dans la nature…
Crédit photo: cockpitdz Un des rare proto BMW Nazca M12
La collection aujourd’hui : héritage, vente et avenir incertain
Qu’est devenue cette collection ? Une partie a été vendue discrètement, surtout dans les années 2000, face à la crise financière et au déclin de la fortune royale. Plusieurs lots de Ferrari et de Rolls “spéciales Brunei” ont atterri chez des collectionneurs fortunés en Europe ou au Moyen-Orient.
Mais l’essentiel reste caché, entretenu par quelques fidèles mécaniciens, dans l’ombre des palais de Bandar Seri Begawan.
L’héritage est colossal : on dit que la collection du Sultan a inspiré des commandes spéciales chez les constructeurs, boosté la mode des modèles “one-off”, et relancé l’intérêt pour les hypercars sur-mesure.
Aujourd’hui, le mystère demeure : nul ne sait si un musée officiel verra le jour… ou si la plus grande collection privée de l’histoire finira disséminée aux quatre coins du monde.
Conclusion
La collection du Sultan de Brunei n’est pas seulement un “garage XXL” : c’est un mythe moderne, à la croisée de la passion et de la démesure. Entre chefs-d’œuvre oubliés, caprices mécaniques et secrets bien gardés, elle incarne ce que l’automobile a de plus fascinant, et parfois de plus déroutant.
Reste une question, comme un refrain : à quoi bon posséder 7000 voitures, si c’est pour n’en conduire aucune ?
Nota Bene :
La collection du Sultan de Brunei reste un mystère automobile inégalé : chefs-d’œuvre uniques, hangars secrets, et records jamais égalés. Mythe ou mégalomanie ? Le débat continue.
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