Pourquoi remettons-nous toujours certaines choses au lendemain ?
Qui n’a jamais repoussé une tâche en se disant qu’il la ferait demain ? Ranger un placard, appeler quelqu’un, remplir un dossier, changer une ampoule ou simplement répondre à un courrier. Nous savons que cela ne prendra parfois que quelques minutes, pourtant nous trouvons toujours une bonne raison d’attendre un peu. Pourquoi remettons-nous si facilement certaines choses au lendemain ?
Le plus étonnant est que ce phénomène ne concerne pas uniquement les tâches compliquées. Bien au contraire. Ce sont souvent les petites choses du quotidien qui s’accumulent discrètement. Elles restent dans un coin de notre tête, sans être urgentes, mais suffisamment présentes pour revenir régulièrement nous rappeler qu’elles existent.
Il faut reconnaître que notre époque ne nous aide pas vraiment. Entre le travail, les notifications, les rendez-vous et toutes les sollicitations de la journée, il devient facile de repousser ce qui ne semble pas prioritaire. Le problème, c’est que demain ressemble souvent beaucoup à aujourd’hui. Et ce qui devait être fait le lendemain attend parfois une semaine… ou davantage.
Il y a aussi un paradoxe amusant. Nous passons parfois plus de temps à penser à une tâche qu’à l’accomplir réellement. Combien de fois avons-nous repoussé un appel téléphonique pendant plusieurs jours, avant de constater qu’il avait finalement duré trois minutes ? À force d’imaginer la difficulté, nous finissons par lui donner une importance qu’elle n’a pas.
Évidemment, remettre au lendemain n’est pas toujours une mauvaise chose. Il arrive qu’une nuit de réflexion permette de prendre une meilleure décision ou qu’une urgence plus importante mérite naturellement de passer avant le reste. Le problème apparaît lorsque cette habitude devient presque automatique. Les petites tâches s’accumulent alors jusqu’à donner l’impression d’une montagne impossible à gravir.
Peut-être est-ce aussi une manière de préserver un peu de tranquillité. Repousser une corvée, c’est parfois choisir quelques heures de répit, même si l’on sait parfaitement que le problème nous attendra le lendemain. Cette petite victoire est souvent de courte durée, mais elle explique sans doute pourquoi nous recommençons si facilement.
Finalement, remettre au lendemain fait probablement partie de la nature humaine. Nous préférons spontanément ce qui nous fait plaisir à ce qui nous demande un effort, même modeste. L’essentiel est peut-être de ne pas laisser ces petits reports finir par occuper plus de place dans notre esprit que dans notre emploi du temps.
Et si la meilleure façon de se libérer d’une tâche n’était pas de trouver le bon moment… mais simplement de commencer ?
Nota Bene :
Il arrive souvent qu’une corvée repoussée pendant plusieurs jours soit finalement terminée en quelques minutes. Comme quoi, le plus difficile n’est parfois pas de faire les choses, mais de décider de les faire.
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