Schéma du système Nissan Super HICAS avec roues arrière directrices
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Direction HICAS : le système Nissan qui faisait tourner les roues arrière

À la fin des années 1980, l’industrie automobile japonaise entre dans une période de démonstration technologique presque démesurée. Toyota développe ses suspensions pilotées, Mazda travaille le moteur rotatif, Honda perfectionne le VTEC et Nissan cherche de son côté à rendre ses sportives plus rapides, plus stables et plus efficaces à haute vitesse. C’est dans ce contexte qu’apparaît la direction HICAS, un système capable de faire pivoter légèrement les roues arrière.
Installé sur plusieurs modèles devenus cultes comme les Skyline GT-R, 300ZX ou certaines Silvia, le HICAS fait partie de ces technologies qui semblaient futuristes à l’époque et qui sont finalement devenues courantes sur les voitures haut de gamme modernes.

Crédit photo: Illustration du principe de direction hydraulique HICAS

Schéma hydraulique de fonctionnement de la direction HICAS Nissan

Direction HICAS : comment Nissan faisait tourner les roues arrière

La direction HICAS permettait aux Nissan sportives de faire pivoter légèrement les roues arrière afin d’améliorer stabilité et précision à haute vitesse. Le nom HICAS signifie “High Capacity Actively Controlled Steering”. Derrière cet acronyme un peu complexe se cache un principe relativement simple : modifier très légèrement l’angle des roues arrière pour accompagner les mouvements de la voiture.

Contrairement à une direction classique où seules les roues avant tournent, le système HICAS faisait pivoter l’arrière de quelques degrés seulement. L’objectif n’était pas de réduire le rayon de braquage comme sur certaines voitures modernes, mais surtout de rendre la voiture plus stable dans les changements rapides d’appui. Les premières versions du HICAS utilisaient un système hydraulique piloté mécaniquement.

Nissan fera ensuite évoluer le dispositif vers le “Super HICAS”, plus précis et contrôlé électroniquement. Des capteurs analysaient alors la vitesse, l’angle du volant et les mouvements du châssis afin d’ajuster les roues arrière presque instantanément.
Sur route rapide ou en courbe rapide, le système aidait la voiture à pivoter plus naturellement tout en donnant une sensation de stabilité impressionnante pour l’époque.

Crédit photo: Illustration effetes du sysèeme HICAS

Pourquoi Nissan a développé le HICAS sur ses sportives

À cette période, les constructeurs japonais se livrent une véritable guerre technologique. Le marché domestique japonais est extrêmement compétitif et chaque marque cherche à afficher son savoir-faire à travers des innovations spectaculaires. Nissan veut alors transformer ses coupés sportifs en vitrines technologiques capables de rivaliser avec les meilleures GT européennes. Les ingénieurs cherchent notamment à résoudre un problème classique des sportives puissantes : conserver une excellente stabilité à haute vitesse sans rendre la voiture lourde ou peu agile.

Le HICAS devient alors une solution élégante. En faisant légèrement pivoter les roues arrière dans le même sens que les roues avant à haute vitesse, Nissan améliore les changements de trajectoire rapides et réduit les mouvements parasites du châssis. Sur les Skyline GT-R, cette technologie participe fortement à l’impression d’efficacité presque irréelle qui marquera durablement les conducteurs et journalistes de l’époque. Sur autoroute japonaise comme sur circuit, les Nissan équipées du HICAS paraissent particulièrement stables et précises.

Cette technologie contribue aussi à renforcer l’image futuriste des sportives japonaises des années 1990, aujourd’hui devenues cultes dans le monde entier.

Illustration des effets du système Super HICAS selon la vitesse du véhicule

Crédit photo: Illustration direction HICAS sur roues arrières

Train arrière Nissan équipé du système de direction HICAS

Le système HICAS a principalement été installé sur les modèles sportifs et haut de gamme de Nissan entre la fin des années 1980 et le début des années 2000.

Les modèles les plus connus équipés du système sont :

  • Nissan Skyline GT-R R32
  • Nissan Skyline GT-R R33
  • Nissan Skyline GT-R R34
  • Nissan 300ZX Z32
  • Nissan Silvia S14 et S15

Les premières Skyline R31 utilisaient déjà une version hydraulique du dispositif. Avec les générations suivantes, Nissan perfectionne progressivement la technologie jusqu’au Super HICAS électronique.
La 300ZX Z32 profite également énormément du système grâce à son positionnement de grande routière sportive capable d’évoluer à très haute vitesse avec une remarquable stabilité.
Certaines versions des Silvia S14 et S15 recevront elles aussi le HICAS, même si cette présence divisera davantage les amateurs de drift et de conduite sportive pure.

Crédit photo: SPL parts Kit de suppression HICAS

Kit de suppression HICAS utilisé sur Nissan Skyline et Silvia préparées

Un système efficace mais parfois critiqué par les passionnés

Malgré ses qualités techniques, le HICAS n’a jamais fait l’unanimité chez les passionnés les plus exigeants. Certains pilotes apprécient son efficacité sur route rapide, mais d’autres lui reprochent une sensation artificielle dans certaines phases de conduite sportive. En drift notamment, le système pouvait rendre les réactions de l’arrière moins prévisibles lorsque la voiture était fortement en glisse.

Avec le vieillissement des voitures, le HICAS est aussi devenu une source potentielle de problèmes mécaniques. Les systèmes hydrauliques pouvaient prendre du jeu, les capteurs électroniques vieillir et certaines pièces devenir coûteuses à remplacer. C’est pour cette raison que beaucoup de propriétaires de Skyline ou Silvia modifiées installent aujourd’hui des kits “HICAS delete” qui suppriment totalement le système afin de retrouver un train arrière fixe plus simple et plus prévisible. Ce paradoxe est intéressant : une technologie autrefois considérée comme extrêmement avancée est parfois retirée aujourd’hui par les amateurs de conduite pure.

Crédit photo: Illustration d’un système équivalent sur voiture eléctrique moderne

Le HICAS a ouvert la voie aux roues arrière directrices modernes

Même si le HICAS peut sembler ancien aujourd’hui, Nissan faisait clairement partie des pionniers dans le domaine des roues arrière directrices appliquées aux voitures sportives de série. Depuis, de nombreux constructeurs ont repris ce principe. Porsche, Ferrari, BMW, Mercedes-AMG ou encore Lamborghini utilisent désormais des systèmes similaires sur leurs modèles les plus performants.

Les technologies modernes sont toutefois bien plus évoluées. Les calculateurs sont plus rapides, les angles de braquage mieux contrôlés et les systèmes capables de fonctionner différemment à basse ou haute vitesse. Mais le principe reste proche de celui imaginé par Nissan il y a plus de trente ans : utiliser les roues arrière pour améliorer simultanément agilité et stabilité.

Le HICAS reste ainsi l’un des symboles de cette époque fascinante où les constructeurs japonais expérimentaient des solutions techniques parfois audacieuses, parfois complexes, mais souvent très en avance sur leur temps.

Système moderne de roues arrière directrices sur plateforme électrique

Conclusion

Le système HICAS fait aujourd’hui partie des éléments qui participent à la légende des sportives Nissan des années 1990. Derrière cet acronyme un peu oublié se cachait pourtant une technologie ambitieuse qui annonçait déjà les roues arrière directrices modernes.
Même si certains passionnés préfèrent aujourd’hui supprimer le système sur leurs voitures préparées, le HICAS reste un morceau important de l’histoire technique automobile japonaise et l’un des nombreux exemples du génie technologique déployé par Nissan durant l’âge d’or des sportives japonaises.

Nota Bene :

Le système HICAS a surtout marqué les Nissan Skyline GT-R des années 1990, au point de devenir aujourd’hui l’un des symboles technologiques de l’âge d’or des sportives japonaises. Beaucoup de passionnés continuent pourtant à supprimer ce dispositif sur les voitures préparées pour le drift ou la piste, preuve que même les innovations les plus avancées peuvent diviser les puristes.

À lire aussi : Steer-by-wire : quand la direction devient entièrement électronique

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