Voitures radars, les régions françaises où elles verbalisent le plus
Les voitures radars ne verbalisent pas partout avec la même intensité en France. Les dernières statistiques détaillées publiées par la Sécurité routière pour les années 2022, 2023 et 2024 révèlent des écarts spectaculaires entre départements. À ce jour, les données 2025 ne sont pas encore disponibles, mais au rythme actuel de déploiement du dispositif, les grandes tendances devraient rester comparables.
En 2024, certains territoires comme l’Oise ou la Charente-Maritime frôlent les 30 000 avis de contravention annuels issus des voitures radars. À l’inverse, le Lot ou les Hautes-Pyrénées affichent zéro verbalisation. Comment expliquer un tel contraste sur une même carte de France ?
Crédit photo: DSR / DCA ATTENTION plusieurs départements supplementaires ont été attribués aux societés privées
Les voitures radars enfin détaillées département par département
Jusqu’à récemment, les bilans nationaux restaient globaux. On connaissait le nombre total de contrôles, parfois une répartition régionale, mais rarement davantage. Désormais, les statistiques départementales permettent de comprendre précisément où les voitures radars sont les plus actives.
Ces véhicules, officiellement appelés radars mobiles nouvelle génération, circulent depuis plus de dix ans sur les routes françaises. Depuis 2018, leur conduite est progressivement confiée à des opérateurs privés dans le cadre du programme Dexter, Dispositif de voitures radars à conduite externalisée. Ce changement organisationnel a profondément modifié la cadence des contrôles.
Les chiffres montrent un écart pouvant aller jusqu’à 30 000 fois plus de verbalisations entre certains départements. Une donnée qui frappe immédiatement, même si elle reflète autant des choix de déploiement que le comportement des conducteurs.
Crédit photo: JDN ATTENTION cette carte date de février 2025.
Plusieurs départements supplementaires ont été attribués aux societés privées depuis
2024, une baisse nationale qui interroge
En 2024, les voitures radars ont généré environ 932 500 avis de contravention initiaux. Cela représente une baisse d’environ 25 % par rapport à 2023. En dehors des années marquées par la crise sanitaire, il s’agit de l’un des niveaux les plus faibles observés depuis le déploiement massif du dispositif.
Cette chute s’explique en grande partie par des interruptions d’activité parfois longues dans plusieurs régions, notamment la Bretagne, le Centre-Val de Loire, la Nouvelle-Aquitaine et les Pays de la Loire. Les renouvellements de contrats avec les prestataires privés ont entraîné des périodes sans roulage pouvant aller jusqu’à plusieurs mois.
Autre élément important, les statistiques actuelles reposent sur les avis de contravention initiaux et non plus uniquement sur le nombre de flashs. Or, environ un quart des flashs n’aboutissent pas à une sanction effective, notamment en raison de plaques illisibles ou de conducteurs étrangers non poursuivis. Comparer les années demande donc prudence et méthode.
Oise et Charente-Maritime, les départements les plus actifs
Le contraste territorial est spectaculaire. Dans treize départements, le nombre de contraventions dépasse 20 000 par an. L’Oise et la Charente-Maritime atteignent presque les 30 000 avis annuels.
Sur le terrain, cela signifie une présence régulière et soutenue. Une voiture radar peut croiser, dépasser ou être dépassée sans aucun signe distinctif, et pourtant enregistrer une infraction. Le contrôle devient presque invisible, ce qui renforce le sentiment d’omniprésence.
À l’opposé, le Lot et les Hautes-Pyrénées n’ont enregistré aucune verbalisation sur la période analysée. L’Aveyron n’a comptabilisé qu’un seul PV. Ces écarts ne traduisent pas forcément une conduite plus exemplaire, mais surtout une activité très limitée du dispositif sur ces territoires.
Crédit photo: moto-station Radar peugeot 308 Dexter
Le programme Dexter change la cadence
Le rôle du programme Dexter est central dans ces disparités. Sur environ 110 véhicules circulant simultanément, 60 sont exploités par des sociétés privées et 50 par les forces de l’ordre.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les voitures radars confiées aux opérateurs privés enregistrent en moyenne environ 37 PV par jour et par véhicule. Celles conduites par la police ou la gendarmerie en totalisent environ 13. La différence est frappante.
Cette productivité supérieure tient principalement à l’organisation. Un chauffeur privé a pour mission principale de rouler selon un planning défini, là où les forces de l’ordre doivent gérer de multiples priorités. À ce jour, 86 départements sont passés à l’externalisation, ce qui explique une montée en puissance progressive du dispositif sur l’ensemble du territoire.
Crédit photo: largus
Île-de-France et Corse, des situations particulières
L’Île-de-France constitue un cas à part. Le dispositif des voitures radars n’est pas utilisé en zone urbaine dense. Les quatre départements comprenant Paris et la petite couronne totalisent un peu plus de 18 000 PV liés à ces véhicules, soit environ 2 % seulement des infractions détectées par les radars automatiques dans la région.
Cela ne signifie pas que le contrôle y est faible, mais qu’il repose davantage sur d’autres dispositifs de radars fixes ou tourelles. Les voitures radars ciblent avant tout les axes hors agglomération.
La Corse présente également une configuration spécifique. L’activité y existe, avec plusieurs milliers de PV en Haute-Corse et quelques centaines en Corse-du-Sud, mais l’externalisation complète n’y est pas encore généralisée.
Crédit photo: Captain-radar Radar autonome en complément des voitures radars sur routes secondaires
Le réseau secondaire, véritable terrain des voitures radars
Contrairement à une idée répandue, les voitures radars ne se concentrent pas majoritairement sur les autoroutes. Environ 65 % des contrôles sont réalisés sur des routes limitées à 80 km/h, 25 % sur celles limitées à 90 km/h, moins de 9 % sur les axes à 70 km/h et à peine 1 % en agglomération ou sur voies rapides.
Le réseau secondaire constitue donc leur principal terrain d’action. Or, ce sont aussi ces routes qui concentrent une part importante de la mortalité routière.
Paradoxalement, c’est sur les axes plus rapides qu’elles obtiennent souvent leurs meilleurs résultats en matière de verbalisation. Ce constat alimente le débat. S’agit-il d’un outil purement préventif ou d’un dispositif dont l’efficacité financière joue également un rôle ? La question mérite d’être posée.
Conclusion
Les voitures radars dessinent une France du contrôle très inégale. L’Oise et la Charente-Maritime apparaissent comme des territoires particulièrement actifs, tandis que d’autres départements ont presque échappé au dispositif en 2024.
Derrière ces chiffres, l’organisation administrative, l’externalisation via le programme Dexter et les interruptions régionales expliquent une large part des écarts. Plus que jamais, la carte des verbalisations reflète autant des choix stratégiques que des comportements individuels.
Les données 2025 permettront de voir si cette géographie du contrôle se stabilise ou si les points chauds se déplacent encore. Une chose est certaine, sur le réseau secondaire français, la vigilance reste de mise.
Nota Bene :
Les voitures radars ne verbalisent pas partout avec la même intensité.
Les chiffres officiels 2022 à 2024 révèlent une France du contrôle très contrastée, où certains départements concentrent l’essentiel des PV.
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