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Taxe kilométrique sur les voitures électriques : on y va tout droit

On la voyait venir de loin, celle-là. Depuis que les voitures électriques ont commencé à grignoter des parts de marché, on savait très bien que la fiscalité ne resterait pas éternellement “verte”, “incentive”, “avantageuse”. L’État adore une bonne transition écologique… tant qu’elle rapporte. Et voilà que le Royaume-Uni dégaine ce que tout le monde redoutait : une taxe kilométrique sur les voitures électriques et hybrides, dès 2027. Oui 2027. Dans un an et quelques poussières.

2,2 centimes par kilomètre pour les électriques, 1,5 pour les hybrides. Présenté comme un petit ajustement technique, presque une mise au point administrative. En réalité, c’est un changement de logiciel. Pendant des années, on nous a dit : “Passez à l’électrique, ça coûtera moins cher.” Et maintenant que des millions d’automobilistes ont sauté le pas, on annonce que le simple fait de rouler redeviendra taxable. C’est beau, la cohérence publique.

Et le plus drôle, c’est la communication autour du sujet. Du côté des autorités britanniques, on parle de “rationalisation”. En France, on dit encore que “rien n’est décidé”. Traduction : tout le monde attend que quelqu’un ouvre la porte pour s’engouffrer derrière. Eh bien voilà, c’est fait. Londres a tiré. Bruxelles regardera. Paris suivra. Comme d’habitude.

Le vrai problème, c’est l’hypocrisie de l’histoire. Pendant dix ans, on a présenté l’électrique comme la solution miracle : silencieuse, propre, presque gratuite à l’usage. Puis le marché a explosé et, surprise, les finances publiques se sont effondrées. La TICPE représente encore plus de 30 milliards par an en France. Dès que ces recettes disparaissent, l’État se retrouve avec la même équation que l’Angleterre : comment financer les routes, la transition, les infrastructures ? Réponse : en taxant la mobilité, tout simplement.

On nous expliquera que c’est normal, que c’est juste, que “celui qui roule paie”. Sauf qu’une fois le principe accepté, il n’y a plus de limite. Aujourd’hui, 2 centimes. Demain, 5. Puis 8. On commencera par les électriques, puis les hybrides, puis les thermiques “pour harmoniser”. Et ensuite ? Les ZFE ont bien commencé comme de simples zones tests. On connaît la suite.

Et puis il y a l’immense question technique que personne n’aborde. Comment mesure-t-on les kilomètres parcourus ? Compteur mécanique ? Fini. GPS obligatoire ? Explosif politiquement. Boîtier scellé ? Impopulaire. Relevé annuel obligatoire ? Pas compatible avec notre contrôle technique après quatre ans. Bref, tout le monde sait que ça coince, mais on avance quand même. Comme souvent.

Le plus ironique, c’est que cette taxe pourrait être vendue comme une mesure “logique” et “équitable”. On appelle ça du génie fiscal. Et quand un pays comme l’Angleterre commence, la France ne met jamais longtemps à s’aligner. Rendez-vous dans deux ou trois ans.

Nota Bene :

Les grandes révolutions fiscales commencent rarement avec fracas. Souvent, elles avancent discrètement, au nom du bon sens. Jusqu’au jour où elles deviennent la norme, et où l’on se demande comment on a pu croire qu’elles ne seraient jamais appliquées.

À lire aussi : Notre article détaillé sur la taxe kilométrique appliquée aux voitures électriques

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